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Prévention du suicide au travail : repérer, écouter, orienter

Photo du rédacteur: Serenity
Serenity
17 sept.
6 min de lecture

Chaque année, le 10 septembre marque la Journée mondiale de la prévention du suicide, une date dédiée à la sensibilisation, à l'information et à la mobilisation autour de cet enjeu de santé publique. C'est l'occasion de remettre la prévention du suicide et, plus largement, la santé mentale au travail, au cœur des conversations.


En France, cette démarche s'inscrit dans une politique nationale de prévention qui repose

notamment sur le repérage des personnes en souffrance, l'intervention précoce, l'accès aux soins et le maintien du lien avec les personnes concernées.


Parler de prévention du suicide, c'est avant tout favoriser l'écoute, réduire les tabous et

permettre à une personne en difficulté de trouver de l'aide au bon moment.


Pourquoi parler de prévention du suicide ?

Le suicide est un phénomène complexe qui ne peut pas être expliqué par une seule cause. Les facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux peuvent interagir et contribuer à une situation de crise.


En France, Santé publique France rappelle que le suicide est évitable et que des dispositifs de prévention efficaces existent. Les données nationales recensent 8 848 décès par suicide en 2023, en France métropolitaine et dans les DROM.


Ces chiffres rappellent l'importance d'une prévention qui ne se limite pas à intervenir

lorsqu'une crise est déjà installée.


La prévention commence par la parole

Face à une personne qui semble aller mal, il peut être difficile de savoir quoi dire ou comment réagir. Pourtant, ouvrir un espace de dialogue peut constituer une première étape importante.


Écouter une personne en souffrance, sans jugement et sans chercher immédiatement à

apporter une solution, permet de reconnaître ce qu'elle traverse et de maintenir le lien.


La prévention consiste notamment à repérer la souffrance, favoriser le dialogue et orienter vers une aide adaptée. Le 3114 rappelle d'ailleurs que son dispositif s'adresse non seulement aux personnes en détresse ou ayant des pensées suicidaires, mais également aux personnes qui souhaitent aider quelqu'un qui souffre.


Quels signes peuvent alerter ?

Il n'existe pas de liste permettant de prédire avec certitude une crise suicidaire. Cependant, certains changements ou manifestations peuvent justifier une attention particulière, notamment lorsqu'ils apparaissent brutalement ou s'intensifient. On peut notamment être attentif à :


• un isolement inhabituel ;

• une souffrance psychologique importante ;

• des changements marqués dans le comportement ;

• un sentiment de désespoir ou d'impasse ;

• des propos exprimant une grande détresse ;

• une rupture inhabituelle avec les habitudes ou les relations sociales.


L'objectif n'est pas de poser un diagnostic, mais de ne pas banaliser une souffrance

importante et de favoriser une orientation vers des professionnels compétents.


Peut-on parler directement du suicide ?

Oui. Poser une question à une personne sur ses éventuelles pensées suicidaires ne signifie pas que l'on va provoquer ou encourager ces pensées. La Haute Autorité de Santé souligne notamment l'importance de ne pas banaliser les idées suicidaires et de proposer une écoute attentive afin de permettre une réponse adaptée.


Il est possible de commencer simplement :

« Je te sens particulièrement en difficulté en ce moment. Est-ce que tu veux m'en parler ? »


L'essentiel est d'écouter sans jugement et de ne pas rester seul face à une situation qui

dépasse ses compétences.


Que faire lorsqu'une personne est en souffrance ?

Lorsqu'une personne exprime une grande détresse ou des pensées suicidaires, plusieurs

réflexes peuvent être utiles :


1. Écouter — laisser la personne s'exprimer, sans minimiser ce qu'elle ressent et sans

chercher à lui faire relativiser immédiatement sa situation.

2. Maintenir le lien — une personne en souffrance peut avoir tendance à s'isoler ; rester

présent et maintenir un contact peut contribuer à rompre cet isolement.

3. Encourager la recherche d'aide — un professionnel de santé ou un dispositif spécialisé

peut évaluer la situation et proposer une orientation adaptée.

4. Ne pas rester seul — lorsqu'une situation semble urgente ou particulièrement

préoccupante, il est important de solliciter rapidement des professionnels.


Le 3114 : un numéro national pour la prévention du suicide

En France, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit, confidentiel et accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, partout en France, en métropole comme en outre-mer. Les appels sont pris en charge par des professionnels spécifiquement formés à la prévention du suicide.


Le 3114 peut être contacté :

• lorsqu'on est soi-même en souffrance ;

• lorsqu'on a des pensées suicidaires ;

• lorsqu'on s'inquiète pour un proche ;

• lorsqu'on souhaite obtenir des informations sur la prévention du suicide.


En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence.


La prévention concerne aussi les professionnels et les entreprises

La prévention du suicide ne concerne pas uniquement les professionnels de santé mentale. Dans les établissements de santé, les établissements médico-sociaux, les entreprises, les établissements scolaires ou encore les associations, certaines personnes peuvent être en première ligne pour repérer une situation de souffrance et faciliter l'accès à une aide professionnelle.


La formation et la sensibilisation au repérage des conduites suicidaires font d'ailleurs partie de la stratégie nationale de prévention du suicide. Pour les professionnels, être sensibilisé ne signifie pas devenir psychologue ou psychiatre : il s'agit surtout de savoir repérer, écouter, orienter et ne pas rester seul face à une situation préoccupante.


Cette responsabilité rejoint, plus largement, les enjeux de prévention des risques

psychosociaux (RPS) et de qualité de vie au travail (QVCT) : un environnement de travail

attentif à la charge mentale, à l'isolement et à l'épuisement professionnel est aussi un

environnement plus à même de repérer une souffrance avant qu'elle ne s'aggrave.


Prévenir, c'est aussi prendre soin du quotidien

La prévention du suicide s'inscrit dans une approche plus large de la santé mentale. Favoriser le lien social, lutter contre l'isolement, améliorer l'accès aux soins, développer les actions de sensibilisation et créer des environnements dans lesquels il est possible de parler de sa souffrance sont autant de composantes d'une politique de prévention.


Dans les établissements médico-sociaux notamment, l'attention portée au bien-être des

résidents, à la qualité de la relation et aux conditions de travail des professionnels participe à créer un environnement davantage propice à l'écoute et au repérage des situations de vulnérabilité.


Septembre : changer le regard pour mieux prévenir

La prévention du suicide ne devrait pas être limitée au 10 septembre. Cette journée constitue surtout une occasion de sensibiliser, de libérer la parole et de rappeler que demander de l'aide est possible.


Changer notre regard sur la souffrance psychologique, apprendre à écouter et savoir vers qui orienter une personne en difficulté sont des gestes simples qui peuvent contribuer à renforcer la prévention.


Chez Serenity, cette approche rejoint une conviction essentielle : prendre soin de la santé

mentale passe aussi par la création d'espaces où chacun peut se sentir écouté, considéré et accompagné. C'est dans cet esprit que nous concevons nos solutions de relaxation immersive comme un outil parmi d'autres au service du bien-être en entreprise et de la prévention des risques psychosociaux — sans jamais se substituer à un accompagnement professionnel.


Parler de santé mentale, ce n'est pas dramatiser. C'est permettre à la parole d'exister avant que la souffrance ne devienne invisible.


Foire aux questions

Quel est le numéro de prévention du suicide en France ?

Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit, confidentiel et

joignable 24h/24 et 7j/7, en métropole comme en outre-mer, par des professionnels formés à l'écoute et à l'orientation.


Comment aider un proche qui semble aller mal ?

Écouter sans jugement, maintenir le lien, encourager la recherche d'aide auprès d'un

professionnel et ne pas rester seul face à la situation sont les réflexes recommandés.


Peut-on parler directement du suicide avec une personne en souffrance ?

Oui. Poser la question ne provoque ni n'encourage les pensées suicidaires ; cela permet au contraire d'ouvrir un espace d'écoute et d'orientation adapté.


Quel est le rôle des entreprises dans la prévention du suicide ?

Les entreprises peuvent être en première ligne pour repérer une souffrance et orienter vers une aide adaptée. Cette responsabilité s'inscrit dans une démarche plus large de prévention des risques psychosociaux (RPS) et de qualité de vie au travail (QVCT).


Besoin d'aide ?

Si vous êtes en souffrance, avez des pensées suicidaires ou vous inquiétez pour une personne de votre entourage, le 3114 est accessible gratuitement 24h/24 et 7j/7 en France.

En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence.


Sources

Commentaires


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